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Game of Thrones - Le Trône de fer

Game of Thrones – George R.R. Martin : Livres Vs Série TV

Fiction (Romans, SF, Fantasy), Séries TV - Cinéma / 2 Comments / 6 décembre 2014

[yasr_overall_rating] La réputation sulfureuse de Game Of Thrones (Le Trône de fer, en français), en série télévisée, ne m’incitait pas particulièrement à m’y intéresser. Non pas par bigoterie, mais par une sorte d’esprit de contradiction, le même qui fait que je n’ai pas encore vu Le Grand Bleu ou Titanic. Sauf qu’un soir, je me suis retrouvée désœuvrée : rien à lire, ni à regarder et ma flemme pour seule compagne. Je me suis donc laissée tenter par « ça ». Le premier épisode, complaisamment (et inutilement) violent et sexualisé m’a totalement refroidie. J’ai bien aimé le générique et quelques personnages attachants. Alors j’ai regardé le second épisode, puis le troisième, puis la seconde saison… etc. Jusqu’à arriver au bout des saisons, en étant agréablement imprégnée de cet univers paroxystique. Alors en attendant la saison 5, je me suis tournée vers les livres.

Georges R. R. Martin, qui es-tu ?

Wikipédia nous apprend que cet auteur est né en 1940 et qu’il est issu d’un milieu relativement modeste. Sa passion pour l’écriture a trouvé sa source dans la lecture des Marvel, grâce auxquels il recevra un prix pour une fan fiction. Là-dessus, il enchaînera avec des études de journalisme que, faute de ne pouvoir mettre à profit, il laissera de côté à la faveur de l’écriture de nouvelles. Bénéficiant rapidement d’un succès d’estime, puis de prix littéraires, il atteindra le succès qu’on lui connaît avec la série Game of Thrones, où toute la palette des émotions et des motivations humaines se décline à l’envie.Pour en apprendre davantage, voici le lien du site de l’auteur : clique ici.

Game of Thrones : la série télévisée ou les livres ?

Mmmhhh… les deux, votre honneur, mais quand même plus les livres, mais quand même en ayant vu la série… Vous me suivez ? En comparant les deux, je me suis surprise à sourire, en constatant un phénomène inversement proportionnel, entre les deux supports : la série télé démarre avec une sexualité tellement débridée et animale, que les films de « seins » sur M6 ressemblent à des bluettes pour ados, alors que les livres, du moins le premier et le second tome, sont beaucoup plus timorés à ce niveau-là. Ensuite, la série télé ayant enfin assis son autorité sur « la chose », elle la rend moins ostentatoire sur les dernières saisons, tandis que les scènes dans les livres sont de plus en plus chaudes. Cela dit, outre cet aspect amusant, j’ai apprécié de commencer par la série télé, car j’aurais eu du mal à retenir la multitude de personnages, si j’avais lu les romans en premier. Là, je situe chaque héros de manière parfaite.

La transgression des tabous, un sésame pour invoquer le buzz ?

Si j’en juge par ma curiosité morbide et parfois mal placée, je supputerais que oui. Si j’en juge par ce qui fait de l’audience, je n’ai plus aucun doute, mais plus particulièrement dans le monde télévisuel. Game of Thrones reprend à son compte les tabous renversés par Nip-Tuck en son temps et ce, de manière bien plus crue : inceste, violence gratuite… Il ne manque plus que la coprophilie et la nécrophilie ! Relèveront-ils le défi ?

En ce qui concerne la pédophilie, si l’on s’arrête au sens strict et juridique, oui elle fait bien acte de présence dans ces livres, car la plupart des jouvencelles y ont 13 ans en moyenne. Curieusement toutefois, on en oublie leur âge : les héroïnes sont des « presque-femmes » prêtes à marier. Leur éducation les a poussée dans ce sens. Autrement dit, ce sont des moeurs moyenâgeuses, où la « femme » se mariait en moyenne à l’âge de 12 ans, tandis qu’on la fiançait dès ses 7 ans. Les garçons devaient atteindre 14 ans. Compte tenu l’espérance de vie en ces siècles, cela peut se comprendre. Compte tenu l’espérance de vie moyenne d’un héros du Trône de fer, on fera en sorte de le comprendre aussi. Quoiqu’il en soit, les tabous sont dévoilés, mais on n’en fait pas l’apologie, comme « 24h Chrono » a pu le faire en ce qui concerne la torture.

Et l’écriture, la qualité littéraire dans le Trône de fer, ça donne quoi ?

Les romans étant initialement écrits en langue anglaise, mon avis se portera plutôt sur la traduction qui en a été faite par Jean Sola. N’étant pas critique littéraire, mon ressenti pourra sembler à côté de la plaque, tant pis : je vais essayer d’assumer !

La construction du récit :

C’est, je crois, ce qui me plait le plus dans le Trône de fer. Pour imager mon ressenti, représentez-vous des gouttelettes de condensation réparties sur une large surface plane. Le plan est incliné et les gouttelettes commencent à se rejoindre en des coulées de plus en plus denses. C’est ce que je ressens devant ces histoires si indépendantes, en apparence, les unes des autres. Le récit général avance au travers des histoires autonomes de chaque personnage, jusqu’à ce qu’une aventure se recoupe avec une autre, venant renforcer les interdépendances qu’ont les héros entre eux. Je trouve (pour l’instant) que c’est bien construit. L’auteur a tellement l’air de savoir où il va, qu’on achète son baratin sans sourciller, afin d’assister à l’apogée de cette épopée…

La qualité de l’écriture dans les descriptions, le vocabulaire, les tournures de phrases.

Les descriptions sont légions dans cette série de romans. Des lieux en passant par le physique des personnages, leurs émotions, leurs vêtements ou les scènes d’action : tout est prétexte à moult détails, qui viennent enrichir le récit ou parfois l’embourber dans des considérations en décalage avec l’instant. Ce qui nous amène au second point.

Le vocabulaire : un régal pour qui aime les mots un peu oubliés, les termes recherchés, ceux que l’on a peu de chance de côtoyer dans la littérature courante. « Valétudinaire« , il fallait le chercher loin celui-là… Encore que la recrudescence actuelle de cas de tuberculose risque de le rappeler à notre souvenir bien plus tôt, qu’on ne le souhaiterait. Ces romans en recèlent bien d’autres, pour mon plus grand plaisir :

  • haquenée (ne courrez pas chercher du biactol, il s’agit d’une pouliche)
  • remugles
  • tintinnabuler, etc.

La syntaxe : à la fois simple et alambiquée… 80% du livre se lit de manière fluide, mais certaines inversions sujets/verbes nécessitent de repasser dessus, pour dissiper toute ambiguïté. Alors oui, parfois ce n’est pas harmonieux, c’est même heurté et peu plaisant. Mais le fond de l’histoire rattrape le tout.

Petit point négatif, en ce qui me concerne : les tics de traduction. Bref, si on redécouvre le mot « Tintinnabuler » avec plaisir au début, sa redondance devient vite pénible… De même que l’expression « japper« , lorsque l’un des personnages parle agressivement. Ce sont deux exemples parmi d’autres… Cela dit, si vous ne lisez pas un livre tous les trois jours comme moi, vous n’aurez peut-être pas ce ressenti.

En résumé :

On n’en ressort pas plus cultivé (quoique…), on n’en ressort pas plus intelligent, mais on passe un excellent moment, que ce soit avec la série TV ou les romans. La distraction est là, car c’est palpitant, angoissant, exaltant… On est parfois meurtri par le sort des héros, qui traversent des épreuves aussi imprévisibles, que tragiques.

Si j’avais une seule critique à émettre, cela concernerait le prix des e-books : presque 9 € le volume en dématérialisé, ça me paraît outré… Voire même 14 €, lorsqu’on passe à la saison 5. Je l’ai d’autant plus en travers de la gorge, que le redécoupage des chapitres et le changement de traducteur (désormais c’est Patrick Marcel, qui a traduit avec talent beaucoup de romans de SF/Fantasy) a créé toute une redite de chapitre entre le tome 12 et le tome 13, lorsque Samwell Tardy entreprend son long voyage… J’attendais mieux de la part d’un éditeur comme Pygmalion.

2 Comments
  • Anne-Marie / février 25, 2015 /

    Merci de ton passage Esther. C’est un univers que je découvre sur le tard, à vrai dire. ! 🙂

  • esther fr / février 25, 2015 /

    Excellent article, qui me ferait presque regretter de n’avoir pas découvert cet univers. La fantasy n’est vraiment pas ma tasse de thé, mais ta façon d’en parler, tant pour les livres que pour la série, donne envie de s’y mettre. En tout cas, je pourrais en parler avec mon fils et ses amis, qui sont fans !

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