[yasr_overall_rating]Métro 2034 appartient à un genre que j’ai découvert récemment : la SF (Science-Fiction) post-apocalyptique. En deux mots, l’apocalypse (donc la guerre nucléaire) a eu lieu et la vie sur terre s’en trouve bouleversée. Les humains cherchent à survivre dans un monde où ils n’occupent plus la position de « super-prédateurs », car d’autres espèces en surface se sont adaptées aux radiations et ont évolué non seulement de manière à y survivre, mais à y prospérer : la nature a horreur du vide. Pour ces humains, il reste la vie dans les couloirs du métro de Moscou, qui avait été conçu pour résister à pareille catastrophe. C’est dans ce contexte qu’évoluent les trois personnages principaux :

  • Hunter, le guerrier défiguré et abimé intérieurement par son vécu,
  • Homère, le vieillard qui sent la vie lui échapper et aimerait laisser une trace de son existence
  • la gamine (Sacha), pure et n’ayant jamais connu la vie en surface.

Ils pourraient être unis afin d’accomplir une quête commune, mais ce qui les lie les uns aux autres s’apparente davantage à une sorte d’intérêt personnel plutôt trouble, qui risque même de les diviser…

Pourquoi ce livre ?

Pour prolonger le plaisir de la découverte de la SF, au travers des livres de Sergueï Loukianenko (Les sentinelles du jour & Les sentinelles de la nuit). J’ai donc commencé par Métro 2033, qui m’a beaucoup plu et j’ai poursuivi avec Métro 2034. Je vous signale que ce livre peut-être lu indépendamment de Metro 2033, car il ne s’agit pas à proprement parler d’une suite, même si les précédents événements y sont brièvement évoqués.

Un extrait de Metro 2034

L’échiquier infini des quartiers, fissurés par des fragments d’ogives qui s’étaient abattues sur la ville, s’était vidé depuis bien longtemps, abandonné par les derniers joueurs quelques décennies plus tôt. Les monstrueuses silhouettes qui s’y rassemblaient jouaient une nouvelle partie avec leurs propres règles. Il était inutile à l’humanité de rêver d’un match retour.

Qui est Dmitry Glukhovski ?

L’auteur des « Metro » est né en 1979 à Moscou. Après des études en relations internationales, il devient journaliste notamment en France pour la chaîne Euronews. il se lance dans l’écriture de Métro 2033, dont le manuscrit sera refusé par toutes les maisons d’édition auxquelles il l’aura envoyé. Qu’à cela ne tienne, le jeune auteur crée alors un blog, sur lequel il propose gratuitement son récit, tout en tenant compte des remarques de ses lecteurs. Devant le succès qu’il rencontre, ce sont finalement les éditeurs qui reviendront à lui et se frotteront les mains, puisque 500 000 exemplaires seront vendus !

Trois de ses romans ont été traduits en français :

  • Metro 2033
  • Metro 2034
  • Sumerki
Ce que j’aime dans Metro 2034
  • La qualité de l’écriture (enfin de la traduction que nous devons à Denis E. Savine)
  • Les réflexions sur l’humanité distillées par l’auteur : « Toute notre civilisation contemporaine est construite autour de l’électricité. (…) Je vais te dire une chose : (…) rien ne menace l’homme. Les hommes, ce sont des survivants, comme les cafards. Alors que la civilisation… c’est elle qu’il faut préserver »
  • Le caractère allégorique de Sacha, la gamine : une petite lueur dans l’obscurité du métro, les ténèbres de l’apocalypse. C’est la pureté : elle n’a pas été abîmée par les hommes.
  • L’évocation du danger qui émane de nos propres personnes (Hunter et ses démons, difficiles à contenir)
  • La peur de passer à côté de sa vie, l’envie de perdurer au-delà de la mort, si bien illustrée par les pensées d’Homère
  • Les évocations de la vie d’avant la catastrophe, qui ont un écho particulièrement émouvant, en ces temps où nos relations avec la Russie se rafraîchissent singulièrement
  • L’âme très russe de ces romans.
Ce que je n’aime pas
  • La fin, brutale, qui laisse un goût d’inachevé, d’incohérent. Je me prends à espérer qu’il s’agisse de laisser une porte ouverte sur une possible suite… C’est cette fin qui « bouffe » les étoiles de la notation. Parce que le plaisir de la lecture fut constant tout au long des pages, sauf sur ce dernier chapitre.

Détails techniques :Metro2034-Dmitry-Glukhovsky

Broché: 416 pages
Éditeur : L’Atalante (19 mai 2011)
Collection : La Dentelle du Cygne
Langue : Français
ISBN-10: 284172543X
ISBN-13: 978-2841725434

Le mot de la fin ? Dystopie !

Ces romans sont dits « dystopiques », autrement dit ils relatent une fiction qui va à l’encontre de l’utopie. Même si en dehors de la fiction, l’utopie semble tout aussi hypothétique, voire même hors de portée.