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Parfums-DenyseBeaulieu

Parfums : une histoire intime – Denyse Beaulieu

Non fiction / No Comment / 25 février 2015

[yasr_overall_rating]Durant la semaine sainte à Séville, Denyse Beaulieu fait une rencontre muy caliente. Le souvenir qu’elle en garde est renforcé par l’ambiance festive de la ville et ce qu’elle diffuse comme senteurs. Se liant d’amitié avec Bertrand Duchaufour, créateur de parfum émérite et génial, elle évoque avec lui cette brève aventure, décrivant avec la justesse qui la caractérise chaque sensation olfactive, visuelle, auditive. Bertrand Duchaufour (pour en savoir plus) y voit l’esquisse d’un parfum et Denyse, la possibilité de traverser le miroir, d’un monde qui la fascine et dont elle se fait l’écho depuis longtemps.

Qui est Denyse Beaulieu ?

Traductrice, écrivain, blogueuse de talent, Denyse Beaulieu est une femme de plume. Née au Canada, elle décide de s’installer en France dans les années 80 et y passe son doctorat. Vous pouvez la lire sur son blog « Grain de musc » (dont voici le lien), mais également au travers d’un livre qui fait fureur et grand bruit, puisqu’il s’agit de 50 nuances de grey, dont elle est la traductrice. Elle est également l’auteur de plusieurs essais sur la sexualité, le parfum, l’enfance face à l’art et elle transmet son savoir aux étudiant(e)s du London College of Fashion.

À qui s’adresse ce livre ?DenyseBeaulieu vue par Bettina Rheims

  • Tout d’abord, aux rares perfumistas qui ne l’ont pas encore lu (ça existe vraiment ?)… Qu’est-ce que les « perfumistas » me direz-vous ? Ils sont à la parfumerie, ce que les fashionistas sont à la mode, c’est-à-dire des fans absolus. Nuançons toutefois : les perfumistas sont peu sensibles aux parfums issus de la culture de masse, ils le sont aux parfums de niche, ceux dont l’élaboration part d’une inspiration, d’un processus authentiquement créatif. Ceux qui, quitte à ne pas plaire, ont conservé leur intégrité artistique.
  • Ensuite, « Parfums, une histoire intime » pourra plaire à ceux qui comme moi, se sont éloignés du parfum en raison de la profusion de marques, la versatilité des créations, les pyramides qui s’effondrent au profit d’une senteur « d’un bloc » et des eaux de toilettes qui ne sont plus la version allégée de l’eau de parfum, mais carrément un autre jus ! Tout cela a eu raison de mon grand intérêt, mais en voyant revivre sous la plume érudite de Denyse Beaulieu, certains parfums qui ont marqué leur époque, cet univers a un goût de « reviens-y ».
  • Et puis plus prosaïquement, ce livre s’adresse à toute personne curieuse d’un savoir-faire, d’un art ou d’un artisanat qui fascine depuis tant de siècles… Ou qui souhaiterait quitter le monde de la crédulité, pour entrer dans celui des grands « crus » (j’ai toujours assimilé les parfums à une sorte d’œnologie, mais je ne les bois pas : rassurez-vous !)

Pourquoi ce livre a-t-il été écrit ?

Pour le plaisir du partage, pour aller au bout de la passion qui anime l’auteur, pour être le sujet et l’objet d’un processus épidermique et artistique. Pour faire revivre aussi, tous les instants parfumés qui ont jalonné sa vie… et qui ont fini par devenir sa vie. Mais ces pages ont aussi pour ambition de porter à notre connaissance les étapes pour élaborer ce qui sera peut-être une oeuvre, car le parfum peut être une œuvre, en tout cas l’art de la parfumerie est rattaché aux arts décoratifs. Pour résumer, il s’agit d’un essai brillamment documenté, qui se fait l’écho d’une activité créative, commerciale, culturelle et qui nous offre la possibilité de voir la parfumerie sous des angles aussi divers, qu’inattendus.

Comment ce livre est-il construit ?

Le fil conducteur de cet essai se retrouve dans le processus de création du parfum, depuis la nuit qui a provoqué le souvenir, jusqu’à l’intervention finale de l’Artisan Parfumeur pour en faire un produit commercialisable. Autour de cela, viennent se greffer des passages autobiographiques, toujours reliés à un parfum de prestige, un manuel du parfait chimiste en parfumerie, une analyse du parfum au travers de différents prismes (anthropologie, culture, religions, etc.)

Ce que j’ai aimé dans ce livre :

  • L’érudition de l’auteur : elle maîtrise son sujet (le parfum), mais au-delà de cet aspect ses analyses sont également très fines, dès lors qu’il s’agit d’évoquer les paradoxes du parfum, entre sacré et animalité, entre perceptions communes et individuelles.
  • Vous ne trouverez pas de ces formules mièvres, qui se déclinent à l’envie dans les communiqués de presse décrivant des parfums… Mais si, c’est du genre « Le sillage sensuel de la tubéreuse vient se lover dans un lit de vanille et d’ambre des plus troublants »… ça vous parle plus là ?
  • Le point le plus important peut-être, qui est l’élaboration d’un langage commun avec Bertrand Duchaufour, pour que leur dialogue soit fécond, pour que le parfum puisse naître. L’espace fécond du dialogue passe par un langage essentiellement descriptif et évocateur : cela reste ouvert. Il n’y a pas jugement, pas de cadre limitatif, voire même normatif. Juste des idées jetées ou rejetées, peaufinées, confrontées à d’autres approches… Et la connaissance des matières, bien sûr. Pour résumer, j’ai aimé cette volonté touchante et farouche,  entre Denyse Beaulieu et Bertrand Duchaufour, de trouver, de concevoir cet espace de connivence propice à l’aboutissement du projet !
  •  Retrouver ma passion pour le parfum, qui en fait ne s’est jamais véritablement démentie. J’avais simplement cessé d’en suivre l’actualité, pour me réfugier dans mes valeurs sures. J’ai aimé aussi, que l’on me rappelle le pouvoir des senteurs non consensuelles, non régressives.
  • Aborder d’autres aspects du parfum, car les approches d’un tel projet sont forcément pluridisciplinaires : goûts personnels basés sur un vécu (réel ou souvenir altéré), contraintes olfactives, chimiques, sanitaires, mais aussi contraintes juridiques, commerciales (je ne parle pas de la vente, mais de l’approvisionnement en matières premières !), historiques, culturelles, religieuses, etc.

Denyse-BeaulieuCe qui peut rebuter dans ce livre :

La liste interminable des composants chimiques, car elle peut casser toute la machine à rêve, pourtant Denyse Beaulieu réussit à redonner sa magie au parfum, avec cette phrase :

« (…) le parfum est l’un des langages dont on peut user pour comprendre le monde. Un monde où une gousse de vanille peut se transformer en cigare et où un cigare peut, en éclatant, s’épanouir en botte de foin : où la botte de foin peut cracher une amande et l’amande distiller le poison. Les connaissances techniques ne dissipent pas la magie, au contraire (…) »

Et donc, le parfum et Denyse Beaulieu, c’est réellement une histoire intime ?

Oui, car le parfum s’est propagé à tous les aspects de sa vie : professionnels, émotionnels, sensuels, intellectuels, etc. voire même à son frigo, où elle conserve les essences les plus rares ! Personnellement, j’ai aimé ce livre, mais il ne se lit pas comme un roman…

Détails techniques :

Sorti en Mai 2013
édité aux Presses de la Cité Etranger
Pris 20 € – 324 p.

  • ISBN-10: 2258096677
  • ISBN-13: 978-2258096677
  • Dimensions du produit: 24,1 x 2,8 x 15,7 cm

 

NB : je n’ai pas les crédits pour les photos qui illustrent cet article et ne sais à qui m’adresser pour demander une autorisation… Si vous en êtes l’auteur ou en possédez les droits, faites-le moi savoir, afin que je prenne les mesures adaptées.

 

 

 

 

 

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