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Mots de Safet ZEC pour décrire son atelier de peinture

Safet ZEC et la peinture réaliste poétique – Exposition au musée de l’Hospice Comtesse (59)

Artistes & Expositions, Mes photos / No Comment / 23 janvier 2017

Safet ZEC est un peintre né en Bosnie-Herzégovine en 1943. La guerre en ex-Yougoslavie l’a entraîné à Venise, où il a dû reconstruire son existence. Cette exposition, visitée au Musée de l’Hospice Comtesse à Lille, m’a donné envie de partager avec vous un extrait de son travail, de ses obsessions harmonieuses, de sa palette paradoxale sombre et lumineuse, vive et assourdie.

Safet ZEC et les oeuvres exposées

Cette exposition démarre par de grands panneaux de papiers collés, représentant Venise, sa lagune, ses façades. La taille de ces œuvres est impressionnante (environs 3 mètres par 4). Je n’ai hélas pas réussi un seul cliché capable de rendre justice à ce fabuleux travail de recomposition et de création. Je vous engage donc, si un jour vous en avez l’occasion, à le voir de visu, dans toute sa grandeur, ses reliefs et la richesse subtile des nuances qui le composent.

Ensuite, l’exposition se poursuivait par des autoportraits… sans visage ! De dos, pensif, des variations autour d’un thème : celui de l’homme, dans son « ordinarité », celui qui se regarde sans complaisance et sans méchanceté, en chemise, torse-nu, en vêtement de pluie… Et puis deux tableaux de silhouettes en imperméables, un couple, qui m’a forcément ramené à Humphrey Bogart dans Casablanca. Ce genre de scène où les sentiments humains sont noyés dans la force et la dynamique impitoyable de l’histoire.

De l’homme solitaire et face à lui-même, nous sommes passés au couple qui s’enlace, pour arriver à la féminité. Autant les (auto)-portraits masculins sont humbles, forts mais en même temps très « communs » dans l’attitude de la personne, sa manière de se tenir, autant la féminité qui déboule des tableaux suivants est magistrale, conquérante. Et pour cause, puisque cette suite de tableaux est inspirée par la célèbre Victoire de Samothrace, que l’on peut admirer au Louvre.

On tourbillonne au gré des drapés lumineux, où se devine un corps qui n’a pourtant rien de celui-d’une amazone. L’expo, toujours dans une logique de dominos, se poursuit avec d’autres drapés : ceux d’un lit défait dont Safet ZEC scrute et dissèque le désordre des draps. Là encore, on retrouve cette luminosité que, hélas, je n’ai pas pu prendre en photo, car plusieurs personnes se pressaient devant les tableaux… Sur la fin de l’exposition, une pièce pour rappeler l’atelier d’artiste. Des sujets plus « neutres », comme ces deux cages, mais aussi le portrait d’un artiste accompagné d’un texte sublime, que je n’ai hélas pas retrouvé. Un tableau consacré à un objet sacré : la table de travail. La table exposée, dans tout l’éclat de son fouillis génial, celui des créatifs, ceux qui carburent à l’émotion et doivent avoir sous la main de quoi l’exprimer illico.

Je pourrais en parler pendant des heures. Le destin de Safet ZEC, sans être dramatique (quoique…) a quelque chose de touchant, qui ressort beaucoup dans sa peinture. Il y a dans cette force de travail, une fêlure. Une fêlure qui génère sa propre résilience : une sorte de poésie du chaos. C’est pour ça que j’ai ressenti le « beau » en regardant ces œuvres. C’est aussi pour cela que j’attends avec impatience, l’occasion d’une prochaine exposition. En attendant, celle de l’Hospice Comtesse est prolongée jusqu’au 5 février : si vous le pouvez, n’hésitez pas.

 

Site officiel de Safet ZEC : http://www.safetzec.com/

Site du musée de l’Hospice Comtesse : http://www.pba-lille.fr/Palais-des-Beaux-Arts-de-Lille/Musee-prive/Musee-de-l-Hospice-Comtesse

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