Tu lâches ton blog ?

Noooooooon ! Pas du tout. Je vais vous raconter la jolie histoire, qui me tient éloignée de mon blog, depuis quelques semaines. Cela s’est passé quelques jours après mon anniversaire, lorsqu’une visite inattendue a changé le cours de ma journée…

L’invité surprise

Nous sommes le 30 septembre 2014. Je fais ma comptabilité, lorsque quelqu’un toque à la porte d’entrée. Ma fille, 7 ans, se précipite pensant qu’il s’agit de ses grands-parents. J’entends une voix jeune et masculine lui demander si ses parents sont là. Je vais immédiatement voir de quoi il s’agit.
Un jeune homme est sur le pas de la porte, il tient un chaton minuscule dans ses mains et me demande :
« – Bonjour, j’ai vu ce chaton sur la route, devant votre maison. Est-ce que c’est le vôtre ?
– Pas du tout. »
 Le jeune homme a l’air d’une bête prise au piège…
« – Mais qu’est-ce que je vais en faire ?? « 
Ça mon gars, fallait y penser avant de le toucher. Je reste de marbre et m’oblige à ne pas regarder le chaton dans les yeux, sinon c’est foutu, je me connais.
« – Vous ne voulez pas le prendre ? »
Si, j’en crève d’envie, mais l’homme a été explicite à ce sujet : pas de chats ! Je lui rétorque :
« – Vous ne pouvez pas le prendre, vous ?
– Non, j’ai deux chiens et ils n’aiment pas les chats.
– Bon, je vais le prendre, passer une annonce et si personne ne se manifeste, il restera ici » (Je précise que j’avais regardé le chaton dans les yeux entre-temps et les chatons, c’est maléfique. Dès que tu les regardes, tu craques !

Le chaton de hasard

 Il le pose dans mes mains et s’en va. Le chaton tremble, il est vraiment très petit, tellement maigre que les vertèbres de sa colonne le font ressembler à un petit stégosaure. Ma fille exulte et mon fils en fait autant en le découvrant. Je calme leurs ardeurs illico : il n’est pas à nous, il est vraiment très très petit et ses chances de survie ne sont pas énormes. Et puis je dois affronter l’homme…
La bestiole miaulante et gémissante dans mes mains, je rejoins mon cher et tendre. « Je te jure que je n’y suis pour rien, c’est pas moi qui suis allée le chercher ! ». Et lui de me répondre « Je l’ai déjà vu en voiture hier, sur le bord de la route. Je me suis même arrêté pour le récupérer, mais il s’est enfuit dans une haie ». Sourires réciproques : le petit lascar semble avoir trouvé un point de chute.

Histoire d’un sauvetage

Nous sommes démunis : pas de nourriture pour lui, pas de panier, pas de caisse. L’Homme va chercher du lait au supermarché. J’en donne un peu au chat, appréhendant le fait qu’il ne saurait peut-être pas boire, mais il lape comme un petit goulu et… fait une bonne diarrhée ! En dépit de cela, il semble bien aller. Couvert de déjections de puces, je le brosse avec ce que je trouve : ça en éliminera toujours quelques unes. Quand son poil devient bien lisse, je vérifie si d’autres bestioles se baladent sur lui. Non, il a l’air clean. Je l’enveloppe dans un pashmina et le tiens contre moi en permanence : il est trop petit pour réguler sa température.

Première visite chez le vétérinaire

Dès le lendemain de son arrivée, nous avons emmené le chat chez notre vétérinaire habituel. Il se montrera très dubitatif quant à sa capacité à résister : il est très petit et pèse à peine plus de 200 grammes. Les deux jours suivants lui donneront raison : le chat a des diarrhées, des glaires et il régurgite toute la nourriture, intacte, environs deux heures après l’avoir avalée. Nous décidons de l’emmener à nouveau chez le vétérinaire, en urgence. Il est en hypothermie et déshydraté : l’oeil désolé, la vétérinaire (ils travaillent en couple !) nous dira de ne pas trop espérer. Elle va le garder la nuit, le réchauffer sous une lampe et le réhydrater.
Le lendemain, peu optimistes, nous allons le chercher. Il tient la forme, a bien mangé le matin. La vétérinaire nous explique que la veille, il avait failli y passer. Nous nous équipons d’une lampe infrarouge, d’une cage géante de hamster sur le bon coin, de lait maternisé et de croquettes pour chaton. Nous l’installons de manière à ce qu’il soit le mieux possible : il vomit encore et semble tomber inconscient. J’ai les nerfs qui lâchent un peu et j’abandonne : je suis à bout de solutions. L’homme, qui aime déjà trop ce chat, décide de le prendre contre lui, de le faire boire par le jeu… Et ça fonctionne, le matou se réhydrate : un quart d’heure après, il saute de tous les côtés, pour finalement s’endormir sous sa lampe, là où il fait 32°.

Il prend de la place, ce petit !

De jour en jour, il ne cessera de devenir plus fort, plus joueur. Voilà, maintenant il squatte sur mon bureau en permanence, lorsque je travaille. Il s’appelle Leeroy et il s’est bien intégré à la maison. Il m’a pris énormément de temps et d’énergie. Il est impossible à photographier, mais il est là, tout pimpant, joueur et destructeur. Aucun doute, on est sous le charme.

Quelques conseils si vous trouvez un chaton non sevré :

  • Il lui faut énormément de chaleur : 32° environs sous le point le plus chaud.  Si le chaton n’évolue pas dans les bonnes conditions de chaleur, une paralysie gastro-intestinale s’installe et le fait dépérir : c’est ce qui s’est produit avec les vomissements de nourriture non digérée et les glaires. Nous avons installé une lampe infrarouge au dessus d’une énorme cage à rongeur, ainsi s’il avait trop chaud, il pouvait se soustraire au rayonnement.
  • Si le transit du chat est mal ou pas installé, il faut le stimuler. La maman chat va lécher le ventre et la région péri-anale du chaton pour provoquer l’arrivée des déjections : vous, à moins d’être un grand malade, vous vous contenterez d’humidifier à l’eau tiède un linge et frotter délicatement le ventre et la région urinaire et anale du chat. Sitôt fait, mettez le dans sa caisse pour qu’il fasse ses besoins. Une fois fait, vous réitérez l’opération en le nettoyant : c’est ce que ferait sa mère.
  • Attention à la déshydratation ! Pour vérifier si un chat est bien hydraté, on pince délicatement la peau du cou, un peu au dessus des omoplates : si le pli de peau retombe tout de suite, le chat est bien hydraté. S’il retombe lentement ou pire, reste pincé : emmenez-le immédiatement chez un vétérinaire. On peut faire boire un chaton en mouillant délicatement ses pattes : il lèchera pour nettoyer et assécher son poil. C’est de cette manière que nous avons pu le réhydrater.
  • Il faut l’emmener chez un vétérinaire le plus rapidement possible, pour faire un check-up et disposer des bons aliments.
  • Un gros ventre marque souvent la présence de vers, il faut donc le vermifuger rapidement.

8 Replies to “Tu lâches ton blog ?”

  1. Merci à tous les quatre pour vos messages si sympa. Il est plus probable que Leeroy devienne un modèle régulier… S'il se calme. C'est un vrai petit démon maintenant ! ♥
    Et je vais de ce pas visiter vos blogs, car je ne l'ai pas vraiment fait depuis qu'il est là… (honte à moi)

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